Équipe Réseaux, Savoirs & Territoires

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École d'été de cartographie et de visualisation

3 au 5 juillet 2017 - Enssib

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Sommaire

1  Informations générales
2  Constat
3  Programme

1  Informations générales

  • Organisée par l'Atelier Internet Lyonnais, l'équipe Réseaux, Savoirs & Territoires et l'Enssib, avec le soutien de l'IXXI.

  • Dates: du lundi 3 juillet matin au mercredi 5 juillet au soir.

  • Lieu: Enssib, Villeurbanne.

  • Fonctionnement: alternance entre conférences théoriques, études de cas et ateliers pratiques.

  • École ouverte à tous, avec inscription préalable.

2  Constat

Les méthodes et outils de visualisation ont depuis 15 ans pris un grand essor en physique et en informatique. Elles soulèvent néanmoins des interrogations de plusieurs types:
  • fiabilité de la représentation, puisqu'il s'agit de projeter des points ou graphes plongés en des espaces de grandes dimensions sur des plans (sur l'écran). Or certaines productions graphiques ne quantifient pas l'information perdue par de telles projections;

  • risques de réification, quand le réel est supposé se confondre avec l'image obtenue: « le graphe (ou la carte) montre que... »;

  • tiraillements des chercheurs et producteurs entre des effets de mode et des dynamiques disciplinaires (quand par exemple la physique investit le champ de la sociologie);

  • enfin, au plan des positivités, apports heuristiques de telles représentations et circulations, qui aident à infirmer ou confirmer des hypothèses, affiner des problématiques, expliciter sa démarche épistémologique (préciser les parts de la preuve graphique et de l'appareillage numérique dans le raisonnement, etc.).

Or la majorité de ces questions a été abordée par les sciences sociales entre les années 1970 et 2000. Par exemple,

  • l'usage des analyses factorielles par les sociologues et historiens a d'emblée alimenté les débats sur la qualité et la vraisemblance des représentations graphiques qui les accompagnaient (mesure précise de la perte d'information, possibilité ou non de comparer des individus et des variables graphiquement proches, etc.);

  • les débats sur les liens entre carte et territoire, sur les distorsions de la réalité induites par les jeux d'obtenues et les indicateurs, sur les vertus et limites de l'échantillonnage et des exemples singuliers ont traversé la sociologie, la géographie, l'histoire, jusqu'à la littérature (Borgès et la carte 1/1);

  • enfin, les apports heuristiques de telles méthodes et de la cartographie ont été identifiés et abondamment commentés. Et des historiens (Michel de Certeau), des anthropologues (Jack Goody) et des philosophes (François Dagognet) ont explicité le rôle essentiel de la technique et de l'instrumentation dans nos raisonnements, dans nos représentations du monde et dans nos façons de faire et de penser la science;

Aussi les questionnements actuels semblent-ils négliger les réponses apportées à leurs équivalents d'il y a quelques décennies.

  Projet

  • L'école d'été a tout d'abord le projet de remédier à ces amnésies, en proposant un cadre théorique et méthodologique qui articule les démarches passée et contemporaine et qui les mette soigneusement en écho, dans une perspective de régénération du dialogue interdisciplinaire.

  • Elle vise aussi à tenir compte d'une double évolution que l'on pourrait qualifier en première analyse de sociologique:

    • du fait de l'essor des productions graphiques et logicielles en ligne (grand public ou spécialisées), un intérêt croissant et généralisé pour les savoirs et les productions des artistes et designers, qui possèdent des compétences désormais utiles et peu enseignées en sciences sociales ou exactes;

    • Une appropriation de ces méthodes de cartographie et de visualisation doublée des questionnements précités par des acteurs qui revendiquent une distance à l'Université, même s'ils en sont souvent proches (mouvements hackers, DIY, militants politiques, etc.).

    L'école d'été laissera une place importante à ces nouveaux entrants et à leurs productions, leurs questionnements propres, leurs collaborations et leurs débats avec le monde universitaire;

  • Enfin, seront détaillés les logiciels de graphes ou intégrant des outils de synthèse graphique, les principales librairies (carto-)graphiques, etc., afin de combler le fossé entre les deux types historiques de savoir-faire et d'en faire profiter les étudiants, doctorants et professionnels.



Conférences, tables rondes, présentations originales alterneront avec des ateliers spécifiques dédiés à la production de cartes et graphiques, à leur sémiologie, à leurs esthétiques. La dimension épistémologique de tels savoirs et savoir-faire sera détaillée.

3   Programme

Lundi 3 juillet

10h Yves Alix, Directeur de l'Enssib.
Message de bienvenue.

10h15 Éric Guichard, épistémologue, Enssib, responsable du RAIL et de l'ERST.
Introduction.

10h30 Jean-Luc Pinol, historien (Ens-Lyon).
De la carte pré-perforée à l'histoire spatiale.

11h30 Éric Fleury, informaticien (Ens-Lyon et Inria, Dante, IXXI).
Méthodes de graphes dynamiques appliquées à la linguistique: le cas de tweeter.

12h15 Philippe Rivière et et Agnès Stienne, journaliste et programmeur, artiste http://visionscarto.net
Enquêtes cartographiques.

13h-14h15 Repas libre

14h15 Dana Diminescu, sociologue, Mines-Paristech.
Traçabilités migratoires.

15h Romain Vuillemot, informaticien, Ecole Centrale de Lyon.
La conception de visualisations interactives de données: du prototypage rapide au déploiement sur le web.

15h45-16h Pause café

16h Hervé Théry, géographe, CNRS.
Comment les géographes pensent-ils les apports heuristiques de la cartographie et la preuve graphique?

17h Fin des conférences

* * * 17h30-18h30 Arthur Perret, Enssib et Inria, membre du RAIL.
Atelier d'initiation à QGIS

Mardi 4 juillet

10h Jacques Lévy, géographe, EPFL.
Présentation de l'Atlas politique de la France.

11h Pierre Borgnat, physicien, traitement du signal, IXXI.
Cartographie des pratiques du Vélo'v.

11h45 Thierry Joliveau, géographe, UJM et EVS.
La place de la cartographie dans les approches géographiques du numérique.

12h30-14h Repas libre

14h Patricia Loué, artiste peintre.
Cartographies imaginaires.

14h45 Stéphane Grumbach, Inria et IXXI, membre du RAIL.
Cartographier le pouvoir, des territoires aux flux.

15h30-15h45 Pause café

15h45-16h30 Clément Renaud, géographe, informaticien, EPFL, membre du RAIL.
Systèmes techniques de lecture et d'écriture: la réalisation d'un atlas historique des universités avec leaflet et d3.js

16h30-17h15 Table ronde Les débats sur la preuve graphique: histoire et réalités actuelles.

17h15 Fin des conférences

* * * 17h30-18h30 Philippe Rivière.
Atelier D3.js: Jouer avec les projections.

Mercredi 5 juillet

10h Pierre Grangé-Praderas, artiste.
Hack e(s)t-éthique? Cartographie des hackers.

10h45 Henri Desbois, géographe, Univ. de Nanterre, membre de l'ERST et du RAIL.
Le compas dans l'oeil. La cartographie et la notion d'objectivité scientifique, du 18e siècle à nos jours.

11h45 Pablo Jensen, physicien, IXXI.
L'histoire de la théorie des ondelettes.

12h30-13h45 Repas libre

13h45-14h30 Jean Dhombres, mathématicien et historien, Ehess, CNRS, membre du RAIL.
En quoi les théories mathématiques sur la carte ont-elles contraint le regard géographique?

14h30-16h Table ronde Perspectives épistémologiques.

16h Conclusions.

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Comité d'organisation

  • Romain Cavaroc, Enssib
  • Éric Guichard, Enssib et RAIL
  • Julia Morineau, Enssib
  • Arthur Perret, Enssib, stagiaire Inria et RAIL
  • Clément Renaud, EPFL et RAIL
  • Cyrielle Sogno, Enssib

Page créée le 6 février 2017, modifiée le 19 juin 2017