Commentaire: mars 2004
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    Interdiction de fumer : engrenage américain et humour britannique

    (Martine Jacot, Le Monde, 3 février 2001)

    La municipalité de Friendship Heights du comté de Montgomery dans le Maryland, située tout près de Washington, a adopté en novembre un arrêté interdisant à quiconque de fumer dans les rues de son centre-ville et dans ses deux parcs. Le maire Alfred Muller, qui est aussi médecin, explique dans son bulletin de décembre qu’il s’agissait d’aborder de front ce "problème de santé publique" dans sa ville de 5 000 habitants : "Beaucoup de non-fumeurs ont des maladies des poumons, du cœur, des yeux ou de la peau qui s’aggravent lorsqu’ils inhalent de la fumée de cigarette d’un voisin sur un banc public ou dans un passage public étroit". Et de citer l’exemple récent d’une femme qui a fait « une sérieuse réaction » après avoir humé, à son corps défendant, de coupables volutes en sortant de la clinique où elle venait de se faire opérer des sinus. Plus de 4 millions de personnes, dont 400 000 Américains, meurent chaque année dans le monde à cause du tabac, souligne le maire. Les contrevenants recevront d’abord des "avertissements" de la police municipale et, en cas de récidive, seront passibles d’une amende de 100 dollars (600 francs).

    Dans son édition du 13 janvier, l’hebdomadaire britannique The Economist estime que cette nouvelle "approche libérale" est source de grande inspiration. "Il est clair, par exemple, que la consommation d’aliments gras favorise les affections du cœur et autres maladies mortelles. Sans compter que les hot dogs et tous les composants de la junk food font grossir et enlaidissent. Pourquoi devrait-on tolérer cette gloutonnerie sur la voie publique ?", demande l’auteur anonyme de l’article. Les trottoirs et promenades des Etats-Unis grouillent de gens trop gros, qui se goinfrent de chips en marchant, ajoute-t-il. "Tout cela devrait cesser : il faudrait interdire de manger en public tous les aliments qui ne sont pas allégés en matières grasses, estime-t-il. Et d’ailleurs, comme les Américains ne mangent pas assez de fruits et légumes, les voies publiques devraient devenir strictement végétariennes."

    Les excès américains peuvent susciter le plus féroce humour britannique : l’article poursuit entre autres sur la pollution au dioxide de carbone provoquée par la respiration des promeneurs, et sur leurs dangereuses émanations de méthane… Perfide Albion ? La commune de Friendship Heights continue d’arborer sa devise "L’amitié est le plus beau cadeau de la vie". Au-dessus de ses smoke free zones.


    Source 1 : Friendship Heights Council Report
    (research by Charles Troster)

    The council reports archived on the Friendship Heights Village site at http://users.erols.com/friendshiphtsvillage/ only go back to January 2001. To find the Council Report of December 2000, one can go to Internet Archive at http://www.archive.org/. By entering the URL for the Friendship Heights site, one can then find the December 2000 issue of the Council Report. The mayor's letter to his constituents was as follows:

    The original of "L’amitié est le plus beau cadeau de la vie" is "The Greatest Gift in Life Is the Gift of Friendship", the official motto of Friendship Heights, which can be found at http://users.erols.com/friendshiphtsvillage/.


    Source 2 : The Economist
    (research by Mihaela Dumitrascu)

    Access to The Economist online archives is restricted to subscribers, but since institutional subscription covers all members of the institution individual access by faculty and students is free. One of the leaders in the 13 January 2001 issue of the London edition of The Economist was as follows: