[Image de l'original: Dictionnaire de l'Académie françoise 1798, tome II, page 658]

     TIMBRE. subst. m. Sorte de cloche immobile qui n'a point de battant, et qui est frappée par un marteau. Le

[Image de l'original: Dictionnaire de l'Académie françoise 1798, tome II, page 659]

timbre d'une horloge, d'une montre. Timbre d'un réveille-matin. Le timbre de cette horloge est très bon.
     Il se dit quelquefois pour Le son que rend le timbre. Ce timbre est trop éclatant.
     Il se prend quelquefois figurément pour le retentissement de la voix. Et dans ce sens on dit d'une belle voix: Voilà un beau timbre. Cette voix a un timbre argentin. Sa voix n'a point de timbre.
     TIMBRE, se dit aussi De la marque imprimée et apposée au papier dont on se sert pour les actes judiciaires, et que l'on appelle Papier marqué ou timbré. Les timbres des actes judiciaires sont différens selon les différentes Généralités.
     On appelle aussi Timbre, La marque particulière que chaque bureau des postes imprime sur les lettres qui partent de ces bureaux. Le timbre de cette lettre est LYON.
     TIMBRE, en termes d'Armoiries, signifie, Le casque qui est au-dessus de l'écu. Les Souverains portent le timbre ouvert.
     TIMBRE, se prend figurément et familièrement pour La tête. On dit d'Un homme un peu fou, Il a le timbre fêlé. La peur lui a tourné le timbre. On dit aussi, C'est un timbre.

     TIMBRER. v. act. Terme de Blason. Accompagner d'un timbre ou de quelque autre marque d'honneur, de dignité. Timbrer une armoirie. Les armes du Pape sont timbrées d'une tiare.
     TIMBRER, signifie en termes de Pratique. Écrire au haut d'un acte la nature de cet acte, sa date, et le sommaire de ce qu'il contient. Timbrer des pièces.
     On dit aussi, Timbrer du papier, timbrer du parchemin, pour dire, Imprimer sur du papier, sur du parchemin, la marque ordonnée par le Roi, pour faire qu'il puisse servir aux actes de Justice. Timbrer une lettre, Y imprimer le timbre.
     TIMBRÉ, [TIMBR]ÉE. participe. Papier timbré. Cette lettre n'est pas timbrée. Cette lettre est timbrée de Bordeaux, de Marseille.
     On dit figurément et familièrement, Une cervelle, une tête timbrée, un cerveau mal timbré, pour dire, Un écervelé, un fou. On dit dans le même sens d'Un homme, qu'Il est timbré, qu'il est un peu timbré.
     En termes de Blason, il se dit De l'écu couvert du casque ou timbre.

     TIMBREUR. subst. mas. Celui qui timbre.

     TIMIDE. adject. des 2 g. Craintif, peureux. L'enfance est timide. Cet animal est naturellement timide. On est timide par excès d'amour-propre, comme par excès de modestie. Âme timide, caractère timide, esprit timide. Prendre un parti timide. Donner un conseil timide. Cet homme n'est pas timide dans ses demandes, Il fait des demandes hardies. Style timide, qui manque de hardiesse, d'énergie. Marche timide, Conduite excessivement prudente. Il a beaucoup d'esprit, mais il est timide et parle peu. On dit à peu près dans le même sens, Avoir l'air timide.

     TIMIDEMENT. adv. Avec timidité. Agir timidement.

     TIMIDITÉ. subst. fémin. Qualité de celui qui est timide. Grande timidité. Extrême timidité. Timidité ridicule. Je n'ai jamais vu une timidité comme la vôtre. Sa timidité l'empêche de faire paroître tout son esprit.

     TIMON. s. m. Pièce de bois du train de devant d'un carrosse ou d'un chariot, qui est longue et droite, et aux deux côtés de laquelle on attèle les chevaux. Timon de chariot, de carrosse. Lever le timon. Abaisser le timon.
     TIMON, en terme de Marine, signifie Une longue pièce de bois attachée au gouvernail d'un navire, et qui sert à le mouvoir par la force du levier. C'est ce que les Marins appellent plus ordinairement La barre du gouvernail. Gouverner le timon. Manier le timon. Tenir le timon. Être au timon. Abandonner le timon. Dans le discours ordinaire, il se prend, pour Le gouvernail même.
     On dit figurément, Prendre le timon des affaires, pour dire, Prendre le gouvernement des affaires. Dès que le Prince eut pris lui-même le timon des affaires.

     TIMONIER. subst. masc. Celui qui gouverne le timon d'un vaisseau, d'une galère, sous les ordres du Pilote. Bon timonier. Un coup de canon emporta le timonier.

     TIMORÉ, [TIMOR]ÉE. adj. Qui est pénétré d'une crainte salutaire. Il ne se dit qu'en parlant De la crainte d'offenser Dieu. Il ne faut pas craindre qu'il s'éloigne de son devoir, il est trop timoré, il a la conscience trop timorée. C'est une âme timorée.

     TINE. s. f. Espèce de tonneau qui sert à transporter de l'eau.

     TINETTE. subst. fém. Petite cuve, vaisseau de bois qui n'est point couvert, et qui est ordinairement plus large par en haut que par en bas. Une tinette de beurre.

     TINTAMARRE. substant. masc. Ce terme se dit De toute sorte de bruit éclatant, accompagné de confusion et de désordre. Quel tintamarre est-ce que j'entends? Un grand tintamarre. Il est du style familier.

     TINTAMARRER. v. n. Terme populaire. Faire du tintamarre.

     TINTEMENT. s. m. Prolongement du son d'une cloche, lequel va toujours en diminuant dans l'air, après que le coup a frappé. Le tintement d'une cloche.
     TINTEMENT, se dit aussi De la sensation que l'on éprouve quelquefois sans cause extérieure, comme si l'on entendoit un son aigu et continu, tel que le tintement d'une cloche. Cet homme a de fréquens tintemens d'oreilles.

     TINTENAGUE. V. TOUTENAGUE.

     TINTER. v. a. Faire sonner lentement une cloche, en sorte que le battant ne touche que d'un côté. Tinter la grosse cloche, la petite cloche. Il est aussi neutre. On tinte à la Paroisse.
     On dit, Tinter la Messe, tinter le Sermon, pour dire, Tinter la cloche, afin d'avertir qu'on va bientôt commencer la Messe, commencer le Sermon.
     On dit figurément, Vous n'avez qu'à tinter, nous sommes à vous, pour dire, Vous n'avez qu'à donner la moindre marque de votre volonté, et nous la suivrons. Il est familier.
     TINTER, se prend absolument. On dit, que La cloche tinte, pour dire, qu'On tinte la cloche.
     On dit, Faire tinter un verre, pour dire, Lui faire rendre un son en le frappant comme une cloche.
     On dit, que L'oreille tinte à quelqu'un, pour dire, que Par un mouvement qui n'est que dans son oreille, il entend un son pareil à celui d'une petite cloche.
     On dit proverbialement à un homme, Les oreilles doivent vous avoir bien tinté, car on a beaucoup parlé de vous.
     On dit, que Le cerveau tinte à quelqu'un, pour dire, qu'Il a la tête fêlée, la tête mauvaise, que ses imaginations lui font du bruit. C'est une folle, à qui le cerveau tinte.
     TINTÉ, [TINT]ÉE. participe.

     TINTOIN. s. m. Il signifioit autrefois Bourdonnement, bruit dans les oreilles. Aujourd'hui il se dit figurément et familièrement De l'inquiétude qu'on a du succès de quelque chose ou de l'embarras qu'elle donne. On juge maintenant son procès, il doit avoir du tintoin. Cette affaire lui donnera bien du tintoin. Donner du tintoin à quelqu'un.