L. Biedermann-Pasques, "Les caractéristiques de la modernité du système graphique de Ménage (1675)"

2. La prise en compte de l'usage

En tant qu'observateur des variations de la prononciation, qui a compris l'intérêt d'un certain ajustement phonogrammique dans l'usage graphique, application d'une doctrine orthographique modernisée, Ménage se devait aussi de tenir compte de l'usage en cours, qui est, selon ses propres termes, « comme l'ame & la vie des mots » (1675 : 233).

C'est précisément en raison de la prise en compte de l'usage que l'on trouve dans le système graphique des Observations, à côté de formes accentuées, modernisées, voire phonétiques, le maintien de s muet adscrit de la pratique orthographique en cours. Toujours en vertu de l'usage Ménage recommande l'emploi de formes phoniques et graphiques qui vont à l'encontre de l'étymologie, voire à l'encontre de l'analogie. Comme Buffier le fera par la suite, Ménage se fonde sur l'évolution de l'usage pour justifier l'adoption d'usages lexicaux et graphiques nouveaux.

2.1. Le maintien de s muet interne devant consonne

Parallèlement aux formes graphiques modernisées avec accent, le système graphique des Observations présente des quantités de graphies avec s muet étymologique du courant d'orthographe ancienne, en syllabe tonique et atone, type estre et estant, estoit, esté ; j'ajouste, on gaste, il paroist, plustost, prest de ; escrire, escrit, vestu, chasqu'un, coustume, tousjours, etc.

Le maintien de cet usage orthographique en cours devait permettre de limiter le degré de modernisation du système graphique et rassurer le lecteur des Observations, davantage habitué à l'usage du s adscrit connu de longue date qu'à l'usage récent des accents qui pouvaient encore être mal compris [7]. Il offrait aussi à Ménage, étymologiste, l'occasion rêvée de quelques rappels étymologiques par le biais du maintien de marques graphiques latines en français, principe d'écriture étymologique, comme l'auteur lui-même l'explique :

2.2. La prise en compte de l'usage, contre l'étymologie

Tout préoccupé qu'il était d'étymologie, le linguiste Ménage, non sans une certaine objectivité, recommande des formes lexicales et graphiques observées dans l'usage, en particulier dans l'usage parisien qui servait de norme, et qui vont à l'encontre de l'étymologie, type nentilles et non lentilles (usage confirmé par Richelet 1680 [9], tandis que lentille l'emportera par la suite, seule forme retenue dans le Dictionnaire de l'Académie de 1694 ; du latin lenticula, diminutif de lens, lentis "lentille") ; couvent et non convent (latin conventu de convenire "s'assembler") ; faubourg et non fobourg (latin foris), etc. :

S'opposant à Vaugelas, Ménage recommande la graphie alignée sur la prononciation en usage, couvent, et non la forme étymologique convent en usage surtout dans le groupe social restreint de membres d'ordres religieux :

À propos des variantes graphiques faubourg et fobourg, Ménage souligne la contradiction entre le principe d'écriture étymologique et le facteur de l'usage qu'il recommande de suivre, s'appuyant sur une citation de Quintilien :

2.3. L'usage contre l'analogie

Ménage va jusqu'à recommander un certain nombre de formes lexicales et graphiques qui suivent l'usage, mais vont à l'encontre du principe d'analogie, reconnu par l'ensemble des grammairiens comme le principe de la régularité linguistique, type faisandeau et non faisanneau, d'après faisan :

Castonnade et non cassonnade, d'après casson, selon le principe de régularité dans la dérivation :

2.4. Évolution de l'usage et ajustement graphique

En véritable lexicographe et historien de la langue, Ménage retrace l'évolution linguistique et graphique d'un mot ou de sa famille, en mettant en avant la forme phonique et graphique nouvellement acceptée dans l'usage. C'est ainsi qu'il recommande velours (emprunté à l'ancien provençal velos, du latin villosus "velu"), avec ajout d'une finale en r selon la prononciation en usage à l'époque [10] :

Ménage recommande la forme en usage luth (en ancien provençal laut, de l'arabe al-oud, avec agglutination de l'article au radical) en remplacement de la forme luc [11], devenue désuète selon le grammairien :

2.5. L'usage en conformité avec l'étymologie

Lorsque Ménage enregistre des formes lexicales et graphiques à la fois adoptées par l'usage et conformes à l'étymologie, il semble que s'installe pour le grammairien une sécurité linguistique, une sorte de bonheur et de perfection, à l'image du modèle linguistique français souvent évoqué par les grammairiens dans cette deuxième moitié du XVIIe siècle [12].

Ménage recommande ainsi les formes infirme, infirmier (réfection d'après le latin infirmus "faible"), non sans afficher une tolérance pour l'emploi des variantes anciennes :

À propos des variantes balayer ou balier, Ménage recommande sans hésiter le premier parce qu'à la fois le plus usité et conforme à l'étymologie :

2.6. L'usage un facteur d'évolution

Ménage, à plusieurs reprises, tend à montrer que l'usage est un facteur d'adoption des nouveautés. Une forme est rendue familière par l'usage qu'en a fait un prédécesseur ; c'est par le biais de cet effet de « boule de neige » que la plupart des réformateurs ont justifié leurs réformes.

Ménage souhaite ainsi une francisation graphique rapide de mots d'emprunt latin, y compris des noms propres, et il ne met pas en doute que cette francisation ne se fasse avec le temps :

3. La théorie d'accentuation « tonique » et de désaccentuation

Une « Remarque curieuse touchant l'orthographe » fait apparaître en 1675 que Ménage avait une connaissance très exacte et d'avant garde du fonctionnement du système linguistique, phonique et graphique du français :

Le déroulement du discours oral s'effectue en une succession de syllabes terminées par une syllabe tonique, constituant le mot ou le groupe de mots (ou groupe rythmique). L'accent tonique [13] porte sur la syllabe finale si elle est terminée par une voyelle autre que e caduc, ou sur l'avant dernière syllabe dite syllabe pénultième, si la finale comporte un e caduc. Il en résulte une variation phonique et graphique, selon la position de la voyelle dans le mot, en syllabe tonique ou atone. Dans empesche il y a un E long en syllabe tonique pénultième, E+C+e, qui selon Ménage peut être noté par un accent aigu ou un accent circonflexe. Cet E est désaccentué et tend à se fermer dans empesché, où l'accent tonique porte sur la syllabe finale en é. La variation de la place de l'accent tonique en fonction de la nature de la voyelle finale explique l'alternance graphique grâce/gracieux, voûte/vouté, etc., mentionnée par Ménage [14].

Ménage fait observer, de même, que l'adjectif possessif en syllabe atone, votre enfant, devient pronom en syllabe tonique et devrait s'écrire différemment, c'est le vôtre, alternance phonique et graphique liée au phénomène d'accentuation et de désaccentuation, que le Dictionnaire de l'Académie prendra en compte soixante cinq ans plus tard, dans l'édition de 1740. Le Dictionnaire françois de Richelet 1680 présente dans tous ces cas un accent circonflexe en remplacement de s muet, vôtre enfant, il est le vôtre.

À l'exception de quelques séries du type sûr/assuré, Ménage, curieusement ne met pas en application la règle d'accentuation et de désaccentuation, ce qui s'explique vraisemblablement par le souci de ne pas dérouter le lecteur, de ne pas prendre en compte trop de nouveautés, non encore reçues par l'usage.

Ménage a-t-il eu vent du débat qui agitait les commissaires préposés à la rédaction du Dictionnaire de l'Académie, Regnier Desmarais expliquant précisément à l'historiographe Mezeray le fonctionnement de la variation dans la morphologie verbale, liée au déplacement de l'accent tonique (implicite) [15] ?

4. Le principe d'écriture morphogrammique

Sous l'angle de l'application du principe d'écriture morphogrammique, c'est à dire de l'application des règles de la grammaire écrite du français, Ménage se situe dans le courant d'orthographe modernisée. Si l'on en juge d'après Mezeray il est « à la mode » pour la notation des finales plurielles en ans, ens. Il se montre conservateur, par contre, pour la notation des désinences verbales en e ouvert et des finales d'adjectifs et de substantifs en e
ouvert ou we ouvert notés par oi. Il présente, enfin, les traits d'une orthographe phonétique pour la notation des formes fléchies du verbe avoir et pour la notation par t de la finale désonorisée des verbes en -dre (3e personne du singulier).

4.1. La notation des finales plurielles

Les finales plurielles en ans, ens

Le système graphique des Observations présente régulièrement le pluriel en ans, ens, avec chute du t du singulier devant le s du pluriel, type 1675 allemans, enfans, différens, Flamens, ornemens, etc.

Selon Mezeray le pluriel en ans, ens, application du principe d'écriture phonétique, en usage à l'époque, caractérise l'orthographe à la mode, et va à l'encontre du principe d'écriture grammaticale qui demande le maintien au pluriel du t du singulier, en raison du principe de permanence graphique, comme le recommande Regnier Desmarais :

L'accord du participe présent

Le système graphique des Observations présente aussi l'accord en genre et en nombre du participe présent, type « Les dictions commençans », qui sera considéré comme invariable quatre ans plus tard, par un vote de l'Académie, du 3 juin 1679.

Le pluriel en x

Ménage, qui connaît le Traicte de la grammaire francoise de Robert Estienne 1557, donne au lecteur l'explication qu'avait faite ce grammairien de la fonction diacritique de x final après au, eu, oi dans l'orthographe ancienne, afin d'éviter une prononciation diphtonguée [16]. Lui-même supprimerait volontiers ce x final, le remplaçant par s, mais sa pensée réformatrice reste sur ce point à l'état de vœu pieu :

On trouve dans les Observations deux ou trois tentatives de notation du pluriel en x par la graphie réformée en s, type des chous, des vœus, et un adjectif masculin en eux noté par eus, douteus.

4.2. La notation par oi des désinences verbales et des finales d'adjectifs et de substantifs en e ouvert ou we
ouvert

Dans un chapitre intitulé « De la prononciation de la diphthongue oi » (1675 : 583), le mot diphthongue dans la terminologie de l'époque étant à prendre au sens de "digramme", Ménage, en véritable phonéticien, fait une analyse très fine de formes radicales et de finales verbales en oi qui correspondent à une prononciation en e ouvert, type croistre « qu'on prononce craistre », j'estois, j'allois, j'avois ; de finales substantives ou adjectivales en oi qui se prononcent en we ouvert ou e ouvert, avec différentes hésitations. Dans tous ces cas Ménage conserve la notation en usage avec oi.

4.3. Quelques traits d'une orthographe phonétique

Seules les formes conjuguées du verbe fréquent avoir, ainsi que les participes passés en eu/u, présentent une graphie phonétique, avec réduction de eu en u selon la prononciation, notée ou non d'un accent circonflexe, type il a û, ils ussent, si on ust mis, nous ussions parlé ; il a crû/cru ; , , qu'on lust, /pu, il a reçû/reçu, (cf. plus haut 1.3.3)

La finale verbale de la 3e personne du singulier des verbes en -re présente généralement un t, notation de la prononciation désonorisée de d en liaison devant initiale vocalique, application du principe d'écriture phonogrammique, type comprendre/il comprent, prendre/il prent, rendre/il rent, vendre/il vent, etc.

Sous l'angle des notations morphogrammiques, Ménage, se montre dans l'ensemble plutôt conservateur. En véritable linguiste et réformateur modéré, il a compris l'intérêt d'une réforme limitée, appliquée à un microsecteur, une réforme très étendue comme celles des réformateurs phonétistes, risquant de ne pas entraîner l'adhésion du lecteur/scripteur.

4.4. L'agglutination de locutions adverbiales et prépositives

Une autre particularité du système graphique de Ménage est l'agglutination en une seule forme graphique de locutions adverbiales et prépositives, du type acause, apeuprês, apropos, aucontraire, aujourdhuy (sans apostrophe), aulieu, aureste, c'estpourquoy, demesme, pas nomplus, etc.

5. Le principe d'écriture idéovisuel et distinctif

Ménage, comme ses contemporains, est certes sensible à la distinction des « équivoques », cependant il semble que le principe d'écriture phonogrammique l'emporte chez lui sur le souci de distinction des homonymes. Il maintient les procédés de distinction graphique en usage dans l'orthographe ancienne en les commentant, mais, dans l'ensemble, il ne rajoute pas de distinctions homonymiques propres, comme le fera Richelet par la suite.

La fonction de h diacritique devant u et i

Ménage explique l'introduction qui a été faite en ancien français de la lettre h, la plupart du temps non étymologique, en vue d'améliorer la lisibilité et d'éviter la lecture de u par u consonne (= v) :

Le h introduit à l'initiale du mot hièble (latin ebulu) avait, de même, une fonction de lisibilité, servant à éviter la lecture par i consonne (= j) :

La propriété calligraphique, idéovisuelle et distinctive de x final

Ménage rappelle la propriété graphique particulière du tracé de la lettre x, qui assurait notamment dans l'écriture manuscrite une fonction distinctive de limite de mot, et facilitait la lisibilité du caractère u qui le précédait, évitant en particulier la confusion avec n :

Fonction étymologique et distinctive de x final

Ménage commente la fonction de rappel étymologique de x final qui servait par ailleurs à la distinction de monosyllabes équivoques :

Cas où s a été remplacé par x pour des raisons de distinction homonymique

Distinction de temps verbaux au moyen de la graphie

Ménage rappelle que l'opposition entre le présent de l'indicatif et l'imparfait se fait par l'opposition graphique i/ii, du type nous nous asséions, vous vous asséiez/nous nous asséiions, vous vous asséiiez,

Mais il critique certaines subtilités graphiques et distinctives commentées et mises en valeur par Vaugelas, comme les homophones de même origine distingués par la graphie finale en s, fond d'un puits (latin fundum) et fonds de terre (latin fundus) ; pour Ménage les deux formes sont en usage et également possibles :

En guise de conclusion

Sous l'entrée Teigne, Richelet 1680, originaire de Cheminon en Champagne, cite Ménage, « le plus malotru, le plus chétif de tous les auteurs », se vengeant peut-être de ce que Ménage, lui-même originaire d'Angers, disait des provinciaux, en particulier du Père Bouhours :

Il est sans doute temps de dépasser ces querelles de personnes. Avec du recul, et en faisant l'analyse de l'œuvre de Ménage, ici de ses Observations, il faut bien reconnaître qu'on se trouve en présence d'un linguiste très fin, d'un observateur avisé, qui connaît parfaitement la phonologie de son époque et le fonctionnement du système linguistique et graphique du français.

La reconstruction de la doctrine orthographique de Ménage éparpillée au fil de ses Observations, la prise en compte du principe d'écriture phonogrammique, morphogrammique (ou grammaire écrite du français), du principe d'écriture étymologique et distinctif, la connaissance de la théorie d'accentuation tonique implicite, et de désaccentuation, constituent en fin de compte une théorie orthographique très complète, liée à une réflexion personnelle en avance sur son temps.

En observateur de l'usage, qui joint à l'observation une pensée réformatrice, Ménage présente une doctrine orthographique qui donne une certaine priorité au principe d'écriture phonogrammique en vue d'une plus grande transparence du rapport graphie-phonie. C'est ce qui explique sa modernité, et en particulier l'emploi d'un système d'accentuation et de graphies phonétiques. Mais en même temps le souci de tenir compte de l'usage explique la modération de ses réformes graphiques et surtout le maintien parallèle et constant, pour tous les points du système graphique, de graphies de l'orthographe ancienne.

Curieusement l'hétérogénéité de ce système est expliquée par Ménage lui-même, évoquant une question graphique qui préoccupait les grammairiens de son temps : la notation en français des noms propres latins. Fallait-il maintenir le modèle graphique latin en français, ou convenait-il plutôt de le franciser ?

Ménage se place parmi ceux qui « partageant le différent », maintiennent des graphies anciennes reçues de longue date par l'usage et modernise d'autres, en particulier les formes les plus fréquentes. La coexistence de graphies anciennes et de graphies modernisées est censée faciliter l'accoutumance progressive du lecteur/scripteur au système graphique modernisé.

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Notes

7. Pour la méconnaissance de la fonction exacte des accents et la méfiance à l'égard de l'accentuation dans la décennie 1660-1670, cf. Biedermann-Pasques 1992 : 216-7.

8. Terme employé au XVIIe siècle pour désigner le mot.

9. Richelet 1680 : « Lentille, nentille. L'un et l'autre se dit et même lentille est le plus régulier, mais il n'est pas le plus en usage. Le mot qui a le plus de cours est celui de nentille. Non seulement toutes les personnes qui vendent des graines disent nentille, mais aussi tout le peuple et la plupart des gens du beau monde ».

10. Confirmée en particulier par Richelet 1680 : « Velours, velous. Autrefois on disoit velous, mais aujourdhui on dit et on écrit velours ».

11. Selon Rosset (1911 : 236), « Lut se prononçait lu et l'on écrivoit luc ou luth ».

12. Chiflet 1659, six ans avant les Observations de Ménage, évoque la perfection du modèle linguistique français de l'époque dans les termes suivants : « Vne Langue, qui est entierement formée, & qui est paruenuë au point de sa perfection : telle qu'est aujourdhuy la Langue Françoise, fondée sur l'vsage de la Cour, sur celuy des Maistres de la Langue, & sur celuy des bons E'criuains » (Preface, a3 v°).

13. Nous employons le terme « accent tonique » dans le but de distinguer les phénomènes relatifs à l'accentuation tonique du français de l'accentuation proprement graphique. Le syntagme « accent tonique » n'était pas encore utilisé à l'époque de Ménage. Selon nos recherches ce terme a été utilisé en premier lieu par Dumarsais (article ACCENT, Encyclopédie, t.1, 1751), employé en concurrence avec le terme d'« accent prosodique ». Le Dictionnaire de l'Académie de 1835 enregistre pour la première fois ce terme sous les articles Accent et Accentuer.

14. Mezeray 1673 (133 et 218) présente un débat sur l'opportunité de la notation de la suppression de l muet étymologique dans des mots du type voulte par un accent circonflexe. Récapitulant la fonction de l'accent circonflexe Mezeray précise que cet accent sert à noter le retranchement d'une lettre muette et la durée longue compensatoire. Le Dictionnaire de l'Académie de 1694 et 1718 retient, sans accent circonflexe, voute et grace ; voûte/voûté sera retenu avec l'accent circonflexe de la famille de mots à partir de 1740 ; grâce/gracieux avec application de la règle de désaccentuation sera retenu à partir de 1762.

15. Regnier Desmarais parlant explicitement des variations de la position de « l'accent » (1673 : 151) : « M. de Mezeray dit que ce seroit une estrange bizarrerie. que le mesme verbe changeast d'ortographe ; ce n'est point une chose estrange. Rien n'est plus ordinaire aux autres langues. Querer en espagnol fait quiero, quieres, quiere, queremos, quereys, quieren au preterit de l'indicatif l'i estant inserée devant l'e de la 1ere syllabe toutes les fois que l'accent est sur cette syllabe et estant ostée toutes les fois que l'accent est sur une autre syllabe », cf. Biedermann-Pasques 1992 : 190-1.

16. « Aucuns escriuent s, au lieu que les anciens escriuoyent x [...] Enuieux, Voix, Noix, Canaux. ce qu'ils semblent auoir faict de peur qu'on ne die, Enuie-us, Vo-is, No-is, Cana-us » (Estienne 1557 : 9).