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Descriptif du séminaire
Histoire intellectuelle et sociale de la cartographie

Henri Desbois (Paris-X), Éric Guichard (Enssib) et Isabelle Lefort (Lyon-2)
Enssib, Lyon-Villeurbanne

19 octobre 2016 - 11 janvier 2017

Sommaire

1  Présentation
    1.1  Projet général
    1.2  Public
2  Détails pratiques
    2.1  Dates et lieux
    2.2  Responsable(s)
3  Informations administratives
    3.1  Programme détaillé
    3.2  Premières informations administratives
    3.3  Évaluation

1  Présentation

Ce séminaire de recherche rend compte des travaux les plus récents du domaine. Ses responsables prolongent des chantiers qu'ils ont entamés à l'Ens-Ulm et à l'Ehess entre 1992 et 2002.

Il s'appuie beaucoup depuis 2015 sur l'ouvrage d'Henri Desbois, publié aux Presses de l'Enssib:
Les mesures du territoire Aspects techniques, politiques et culturels des mutations de la carte topographique

Par ailleurs, d'autres séminaires, comme l'AIL (Atelier Internet Lyonnais) seront complétés d'une partie pratique qui privilégiera l'enseignement de la cartographie et de la visualisation (un mercredi sur 2 de 17h à 19h).

1.1  Projet général

L'objet de ce séminaire est d'explorer la place de la carte dans notre culture, à partir d'une catégorie particulière de cartes, les cartes topographiques fondées sur la mesure et le calcul.

En suivant l'évolution des techniques et des conditions de production de ces cartes, de leurs usages, et de la place qu'elles occupent dans la culture de leur temps, on peut mieux comprendre comment notre appréhension de l'espace géographique évolue en fonction de ces changements.

Le séminaire propose une série d'approches thématiques balayant le développement de la cartographie de ses origines antiques à la géographie numérique contemporaine.

1.2  Public

Le séminaire est ouvert à tous: étudiants de master des établissements lyonnais et de toutes disciplines; thésards, chercheurs juniors et seniors; et enfin toutes personnes motivées par ce sujet.

2  Détails pratiques

2.1  Dates et lieux

Les mercredis suivants, de 14h à 16h30, à l'Enssib: 19 octobre 2016, 26 octobre, 9 et 16 novembre, 7 et 14 décembre, 4 et 11 janvier.

2.2  Responsable(s)

Eric.Guichard arobase enssib.fr, Henri.Desbois arobase ens.fr et

Bibliographie

Elle sera détaillée au fil du séminaire.
Les textes et ouvrages suivants peuvent aider à une première familiarisation du sujet.

Cosgrove Denis E., Geography and Vision, Seeing, Imagining, and Representing the World, Londres ; New York, I. B. Tauris, 2008.

Desbois Henri, Les mesures du territoire, aspects techniques, politiques et culturels des mutations de la carte topographique, Villeurbanne, Presses de l'ENSSIB, 2015.

Dodge Martin, Kitchin Rob, Perkins Chris, The Map Reader, Chichester; Hoboken, Wiley-Blackwell, 2011.

Gould Peter et Bailly Antoine (éditeurs), Le pouvoir des cartes - Brian Harley et la cartographie, Paris, Economica, 1995.

Woodward David (dir.), The History of Cartography, vol. 3, Cartography in the European Renaissance, Chicago, The University of Chicago Press, 2007.

3  Informations administratives

Les lignes qui suivent détaillent toutes les informations dont peuvent avoir besoin les participants (étudiants ou non, désireux d'être évalués ou non), les responsables pédagogiques ou administratifs (parfois lourdement contraints par des directives ou des logiciels), et relatives à l'unité d'enseignement (UE), le séminaire ou l'atelier précité.

3.1  Programme détaillé

  1. Ce que nous apprend la cartographie antique

    A bien des égards, la place de la cartographie dans l'antiquité gréco-romaine est une énigme. Quoique les principes d'une cartographie mathématiques aient été connus dans le monde grec, comme le montre le traité de Ptolémée consacré à la géographie, non seulement nous n'avons conservé aucune carte antique, mais il n'existe que très peu de mentions de cartes dans la littérature antique. Les Romains ont pourtant montré une maîtrise d'un territoire à l'échelle d'un continent, sans apparemment que la carte joue un rôle important ni dans la conduite de la guerre ni dans l'administration des territoires. Ceci, en retour, nous interroge sur notre incapacité à concevoir une géographie sans cartes.

    Suggestion de lecture complémentaire :

    Dueck Daniela, Geography in Classical Antiquity, Cambridge ; New York, Cambridge University Press, 2012.

  2. Cartographie, mesure et science de la Renaissance à la Révolution

    A partir du 16e siècle, la cartographie mathématique se développe rapidement en Europe. La carte de l'Académie, ou de Cassini, marque au 18e siècle une étape importante dans l'évolution des techniques cartographiques. C'est aussi au cours du 18e siècle que la cartographie prend, provisoirement, une place centrale dans les sciences exactes en général, au point de jouer un rôle déterminant dans la formation de l'idée d'objectivité scientifique.

    Suggestion de lecture complémentaire:

    Pelletier Monique, De Ptolémée à La Guillotière (15e-16e. Des cartes pour la France, pourquoi, comment?, Paris, Éditions du CTHS, 2009.

  3. Cartographie et pouvoir: l'Etat la carte et la guerre

    La relation entre la chose militaire et la carte est plus récente qu'on ne le pense généralement. La militarisation de la carte est, pour l'essentiel, un phénomène du 19e siècle, avec, en particulier, le transfert de la carte de Cassini au dépôt de la guerre sous la Révolution et la réalisation de la carte dite d'Etat-major. Cet aspect particulier de la cartographie est une facette des liens plus globaux entre cartographie et pouvoir. Ceux-ci sont particulièrement manifestes dans la façon dont la cartographie est mise au service des entreprises coloniales.

    Suggestion de lecture complémentaire: Edney Matthew, Mapping an Empire: the Geographical Construction of British India, 1765-1843, Chicago; Londres, The University of Chicago Press, 1997.

  4. La guerre nucléaire et la révolution secrète de la géographie

    Lorsque la cartographie se militarise, au 19e siècle, elle cesse d'occuper une place privilégiée dans la hiérarchie des sciences pour devenir essentiellement l'affaire des ingénieurs. Ses techniques se perfectionnent, mais leur nature évolue assez peu pendant plus d'un siècle. La guerre froide, et plus particulièrement la mise au point de missiles balistiques intercontinentaux entrainent, dans le secret des centres de recherche militaires, une révolution des techniques géographiques dont notre géographie numérique contemporaine est l'héritière directe.

    Suggestion de lecture complémentaire:

    Cloud John, «American Cartographic Transformations during the Cold War», Cartography and Geographic Information Science, 2002, vol. 29, no3, pp. 261-282.

  5. Ce que l'ordinateur fait à la carte

    En passant du papier à l'écran, la carte change de nature. Avant de se banaliser dans les systèmes de cartographie numérique grand public, l'informatisation de la cartographie a d'abord commencé dans la géographie militaire, puis s'est répandue dans le milieu des professionnels de la carte par les Systèmes d'Information Géographiques. Le riche débat épistémologique provoqué au sein de la géographie universitaire par l'irruption de cette technique nouvelle a eu relativement peu d'échos en France, mais alors que les techniques géonumériques ont colonisé notre quotidien, réexaminer cette discussion pourrait nous permettre de nous interroger sur nos nouvelles représentations du monde.

    Suggestion de lecture complémentaire:

    Pickles John, Ground Truth, New York; Londres, Guilford Press, 1995.

  6. Carte et culture en Occident

    A partir du moment où les cartes deviennent des objets relativement communs, elles sont de plus en plus fréquemment mentionnées dans les textes et représentées dans les tableaux. L'étude de ces représentations, de Robert Burton à Jules Verne, permet de suivre l'évolution de la place des cartes dans l'univers mental européen, et de préciser la nature de nos imaginaires cartographiques.

    Suggestion de lecture complémentaire:

    Pétillon Pierre-Yves, La grand route, espace et écriture en Amérique, Paris, Seuil, 1979.

  7. Carte et littérature : une étude d'après James Joyce

    La cartographie influence notre façon de concevoir l'espace géographique. On peut notamment s'en rendre compte en examinant la façon dont d'autres modes de description de l'espace, par exemple le texte, dialoguent avec la cartographie. A partir du chapitre 10 d' Ulysse, de Joyce, on propose de voir l'écart entre une vision cartographique de l'espace géographique et l'expérience concrète du même espace.

    Suggestion de lecture complémentaire:

    Hegglund Jon, World Views, Metageography of Modernist Fiction, New York, Oxford University Press, 2012.

  8. Les nouveaux imaginaires géonumériques

    La révolution de la géographie numérique transforme profondément notre vision de la cartographie. La géolocalisation, les applications en temps réel, l'intégration massive de l'imagerie, etc., changent la nature de la carte. Elle devient une composante de l'infosphère numérique qui forme une part toujours plus importante de notre environnement quotidien. En prenant appui sur les romans récents de de William Gibson, on propose d'explorer les mutations actuelles de nos imaginaires cartographiques.

    Suggestions de lecture complémentaires:

    Haraway Donna, Manifeste Cyborg et autres essais, Paris, Exils, 2007.

    Jameson Fredric, La totalité comme complot, Conspiration et paranoïa dans l'imaginaire contemporain, Paris, Les prairies ordinaires, 2007.

3.2  Premières informations administratives

Les entrées demandées par toutes les administrations sont ici exhaustivement reproduites, même quand elles ne nécessitent pas de réponse (ex.: coefficient de l'épreuve orale quand n'est demandé qu'un travail écrit).

  • Code de l'UE ou du séminaire: CEI-ML01

  • Semestre: premier semestre

  • Intitulé exact de l'UE ou du séminaire: cf. titre.

  • Description synthétique: cf. point 1.1.

  • Objectifs de l'UE, du cours ou du séminaire:
    • donner une vision d'ensemble et actualisée de l'histoire de la cartographie, aspects scientifiques, techniques et politiques inclus, des toutes premières cartes à celles de l'internet.

    • Dynamiser et fédérer les recherches contemporaines en cartographie, en géographie, et dans tous les univers savants curieux de ces méthodes et disciplines (physique, histoire des sciences, sciences sociales, philosophie, etc.).

    • Penser l'écriture du monde.

  • Contenus de l'UE ou du séminaire: cf. 1.1.

  • Modalités de travail: séminaire.

  • Pré-requis: culture minimale en histoire, en cartographie, ou en sciences sociales. Agilité intellectuelle et ouverture d'esprit.

  • Forme de l'enseignement (CM, formation mixte, formation action tutorée, etc.):

  • Langue d'enseignement: français, sauf exception.

  • Nombre de crédits: 6 pour l'Enssib (ce nombre peut varier suivant les universités, puisque le séminaire est ouvert à tous les étudiants européens titulaires d'une licence et motivés).

  • Membre(s) de l'équipe pédagogique: responsable(s) de l'UE ou du séminaire. En cas de rattachement à un master, et seulement dans le contexte d'une évaluation, l'équipe pédagogique est celle du master en question.

  • Modalités d'enseignement: séminaire et débats.

  • Compétences acquises: intelligence, curiosité, érudition.

3.3  Évaluation

Cette partie ne concerne pas les personnes qui n'ont ni le désir ni le besoin de «valider» leur participation à l'activité précitée.

  • Nombre d'épreuves: 1

  • Nature des épreuves: travail de recherche conduisant à la rédaction d'un mémoire ou d'un rapport en accord avec les responsables.

  • Durée:

  • Coefficients et répartition entre contrôle continu et contrôle terminal: 0/1 (pas de contrôle continu).

  • Place respective des examens écrits et oraux: aucun examen oral

  • Travail individuel ou collectif: individuel, sans soutenance

  • Si contrôle sur table, préciser:
    • durée

    • accès aux documents:

  • Si accès aux documents, préciser
    • cours et ouvrages:

    • ordinateur portable:

    • accès internet:

  • Si soutenance, préciser:

    • soutenance collective ou individuelle:

    • durée:

Page créée le 29 septembre 2011, modifiée le 22 octobre 2016