[Image de l'original: Dictionaire critique, tome III, page 688]

    TIGE, s. f. [2e e muet.] 1°. La partie de l'arbre, qui sort de la terre et qui pousse des branches. "Laisser monter la tige d'un arbre. == 2°. On le dit des plantes. "Tige de lis, de pavot. Plante à plusieurs tiges. "Laisser mourir une fleur sur sa tige.
    Triste reste de nos Rois,
    Chère et dernière fleur d'une tige si belle,
    Hélas! Sous le couteau d'une mère cruelle,
    Te verrons-nous tomber une seconde fois.
Athalie.
== 3°. La tige d'une bote: la partie, qui est depuis le pied jusqu'à la genouillère. 4°. En termes de Généalogie, la branche principale à l'égard des branches cadettes, qui en sont sorties. == Faire tige se dit d'un homme, qui a acquis la noblesse pour lui et pour ses descendans. * Bossuet se sert de cette expression en parlant de certains Hérétiques. "Tout cela, dit-il, s'est évanoui et n'a pas fait tige dans l'Église. -- Je crois que l'aplication de cette expression familière est déplacée dans cette ocasion.

    *TIGNE, TEIGNE, s. f. La Touche avertit de ne pas confondre l'un avec l'aûtre. Selon lui, le 1er est une sorte d'insecte, qui ronge les étofes; et le 2d une vilaine gale, qui s'atache à la tête. -- L'Acad. dit teigne pour tous les deux; et c'est l'usage actuel.

    TIGNASSE, Voy. TEIGNASSE.

    TIGNON, s. m. TIGNONER, v. act. [Mouillez le g.] La partie des cheveux, qui est derrière la tête. Il ne se dit que des femmes; et en parlant des femmes du peuple, leur coifûre. == Tignoner, mettre en boucle les cheveux du chignon. == Se tignoner, se prendre par le tignon. "Ces deux harangères se sont tignonées se sont arrachées le tignon.

    TIGRE, TIGRESSE, s. m. et f. [Tigre, tigrèce: 2e e muet au 1er, è moy. au 2d.] Bête féroce, dont le poil est mouchete, qui ressemble à un chat, quant à la forme, mais qui est beaucoup plus grand. == Fig. Homme dur et méchant. Femme méchante et cruelle. "C'est un tigre, un coeur de tigre. "Cette femme, cette mère, est une tigresse.
    C'est un tigre altéré de tout le sang romain.
Corn.
    Ce tigre, que jamais je n'abordai sans crainte,
    Soumis, aprivoisé, reconoit un vainqueur.
    Aricie a trouvé le chemin de son coeur.
Phèdre.
Quand il est seul et sans épithète, il n'est que du st. famil. == Adj. Il se dit d'un chien, d'un cheval, tavelé et moucheté à peu près comme les tigres. "Chien tigre, cheval tigre. == On dit aussi, chien, cheval tigré: chiène, cavale tigrée. On dit, proverbialement, jaloux comme un tigre. "Est-il jaloux? -- Comme un tigre. Dest.

    TIGRERIE, s. f. C'est un mot de Mde

[Image de l'original: Dictionaire critique, tome III, page 689]

de Sevigné. "Dieux, que j'aime la tigrerie! C'est le métier des beaux esprits. Style badin.

    TILLAC, s. m. [Ti-gliak, mouillez les ll.] Le plus haut point d'un vaisseau. "Se promener sur le tillac.

    TILLE, s. fém. TILLEUL, s. m. [Ti-glie, ti-glieul: mouillez les ll: 2e e muet au 1er.] Tilleul, arbre dont le bois est blanc, tendre, léger et propre pour plusieurs ouvrages: Une alée de tilleuls. "L'écorce du tilleul sert à faire des cordes à puits, etc. == Tille, la petite peau fine et déliée, qui est entre l'écorce et le bois du tilleul. "On fait des cordes à puits avec de la tille.
    Rem. Les Jardiniers disent tillau.
L'Acad. avait dit, que quelques-uns disaient Tillot: elle n'en parle plus dans les autres éditions; et ne dit que tilleul.

    *TILLER, ou TEILLER. Suivant Richelet, le premier est plus du bel usage. L'Acad. pourtant ne dit que le 2d. Voy. TEILLER.

    TIMBALE, s. fém. TIMBALIER, s. m. [Teinbale, balié: 1re lon. 3e e muet au 1er, é fer. au 2d.] Timbale est 1°. une espèce de tambour à l'usage de la Cavalerie, dont la caisse est de cuivre en forme de demi-globe, et couverte d'une peau corroyée. On l'emploie au pluriel en ce sens. "Une paire de timbales. "Batre des timbales. == Les soldats et le peuple le disent au singulier de la marmite: faire bouillir la timbale. == 2°. Au sing. aussi, sorte de gobelet, qui a la forme de timbale. == 3°. Au plur. petites raquettes couvertes de peau des deux côtés, dont on se sert pour jouer au volant.

    TIMBRE, s. m. TIMBRER, v. act. [Tein-bre, bré: 1re lon. 2e. e muet au 1er, é fer. au 2d.] Timbre, est 1°. cloche qui n'a point de batant en dedans, et qui est frapée en dehors par un marteau. "Le timbre d'une horloge. == C'est aussi le son que rend le timbre. "Ce timbre est trop éclatant. == Fig. On le dit de la voix, en parlant des Musiciens et des Orateurs. "Voilà un beau timbre.
    Et par un timbre heureux, cet organe vainqueur;
    Murmure à son oreille et va toucher son coeur.
Le Suirre.
    Des sons si bien filés, un timbre si brillant.
Palissot.
== 2°. Marque imprimée au papier, ou au parchemin, dont on se sert pour les actes judiciaires. == 3°. En termes d'Armoiries, le casque qui est au-dessus de l'écu. == 4°. En st. prov. la tête de l'Homme. "Il a le timbre félé. "Ce vin lui a doné dans le timbre.
    ...... Il a si bien veillé
    Et si bien fait, qu'on dit que son timbre est brouillé.
Les Plaideurs.
    TIMBRER, se dit dans le second sens de Timbre. "Timbrer du papier, du parchemin. "Du papier, du parchemin timbré. == Le participe se dit aussi dans le 4e sens: cerveau mal timbré; cervelle, tête mal timbrée; un écervelé, un fou. "Il y a déja quelque tems que je m'aperçois qu'il est un peu timbré. Th. d'Éduc. --
L'Acad. ne le dit qu'avec mal.
    Qu'il ne fasse point voir ces traits de pétulance;
    Ces actions de fou, ces airs évaporés,
    Dignes productions des cerveaux mal timbrés.
Le Distrait.

    TIMIDE, adj. TIMIDEMENT, adv. TIMIDITÉ, s. f. [3e e muet aux deux prem. de, deman.] Timide, craintif. Il se dit des persones et des choses qui ont raport aux persones, ou qui sont personifiées. "Les femmes sont naturellement timides. "Il a l'air timide; il est fort timide; il a l'air embarrassé avec les persones qu'il ne conait pas. -- Les timides conseils, la timide vertu, la timide équité. == Timidement, avec timidité: agir, parler timidement. == Timidité, qualité de celui qui est timide. "Il est d'une grande, d'une extrême timidité. "Sa timidité l'empêche de faire paraitre tout son esprit. "La timidité est le premier éfet de l'amour-propre: le mépris pour les autres sufit souvent pour l'audace. Duclos. "La timidité ne se corrige guère par de simples avis, encore moins par des reproches: elle ne se corrige que par l'usage du monde. L'Ab, Trublet.

    TIMON, s. m. TIMONIER, s. m. [3e é fer. au 2d; timo-nié.] Timon est, 1°. Pièce de bois du train de devant d'un carrosse ou d'un charriot, à laquelle on atèle les chevaux. "Lever, abaisser le timon. == 2°. La bârre du gouvernail d'un vaisseau. "Tenir, gouverner, manier le timon. Abandoner le timon. == Fig. Prendre le timon des afaires, en prendre le gouvernement. Cette expressions est tout au plus du style médiocre.
    TIMONIER, celui qui gouverne le timon

[Image de l'original: Dictionaire critique, tome III, page 690]

d'un vaisseau. "Un coup de canon emporta le Timonier.

    TIMORÉ, [TIMOR]ÉE, adj. [3e é fer.] Qui est pénétré de la crainte d'ofenser Dieu. L'usage de ce mot est borné. On ne le dit qu'en style de dévotion. "Ame timorée, conscience timorée. -- On ne s'en sert point au masculin: on ne dit point, homme timoré, esprit timoré.
    M. le Chev. Des Sablons dit ironiquement. "Les censeurs de Despreaux, comme ils ont l'âme fort timorée, prétendent que le genre satirique est également contraire à la probité et à l'honeur.

    TINE, ou TINETTE, s. f. [2e e muet au 1er, è moyen au 2d: Tinète.] Le premier est peu usité; et l'on se sert ordinairement du second. Petite cuve: vaisseau de bois qui n'est point couvert.

    TINTAMÂRRE, s. m. *TINTAMARRER, v. n. [Teintamâre, ré: 3e lon au 1er; l'r forte.] Tintamârre, bruit éclatant, acompagné de confusion et de désordre. "Quel est donc ce tintamârre? D'où vient ce grand tintamârre? == * Tintamarrer, faire du tintâmârre. -- Le Dict. de Trév. dit qu'il est bâs: il en done des exemples, sans nom d'Auteurs -- Suivant l'Académie, il est populaire.

    TINTEMENT, s. m. TINTER, v. act. et neut. TINTOUIN, s. m. [Tein-teman, , touin: 1re lon. 2e e muet au 1er, é fer. au 2d.] Tinter, faire soner lentement une cloche, en sorte que le batant ne touche que d'un côté. "Tinter la grosse, la petite cloche: tinter la Messe, le Sermon, etc. == V. n. "La cloche, la Messe, le Sermon tinte. "On tinte à la Paroisse. -- Faire tinter un verre; lui faire rendre un son pareil à celui d'une petite cloche. Voy. OREILLE.
    Je me laisse entrevoir et disparois toujours.
    Dieu sait si le cerveau de plus en plus lui tinte.
Piron.
== Tintement est, 1°. Le bruit, le son d'une cloche, qui continûe pendant quelque tems en diminuant, aprês que le coup a frapé. == 2°. Sensation, qu'on éproûve quelquefois sans caûse extérieûre, comme si l'on entendait le tintement d'une cloche. "Avoir des tintemens d'oreilles. == Tintouin, bourdonement, bruit dans les oreilles, st. famil. == Fig. même style; inquiétude qu'on a du succês de quelque chôse: avoir du tintouin. "Doner à quelqu'un du tintouin.


Tigne: A1-3 donnent teigne "gale" et tigne "insecte" (A3 «On dit plus communément Teigne.» au sujet du 2e); A4 donne effectivement teigne pour les deux.

Tilleul: C'est-à-dire A1 vs. A2-4.

Tiller: L'Acad dira tiller en 1798 (v. A5).

Tintamârre: Trévoux 1771 dit qu'il est familier; deux des trois exemples qu'il donne sont signés.